Tout sur l'abricot

Etymologie

Les Romains le nommaient praecoquum, c'est-à-dire « (le fruit) précoce ». Les Grecs l'empruntèrent aux Romains sous la forme πραικόκιον (praikókion).

Les Arabes confondaient parfois l'abricotier avec certaines variétés de pruniers appelés « barkûk » qui a donné en espagnol « albaricoque » et en français « abricot ». Les Espagnols l'empruntèrent aux Arabes sous la forme albaricoque en agglutinant l'article défini au substantif. Le mot est passé en français XVIe siècle.

Les mots russe : abrikos , allemand : abrikose, anglais : apricot viennent du latin apricum qui signifie l'ensoleillé.

 

Le mot abricot dans le monde

afrikaans : appelkoos  (af) italien : albicocca  (it) féminin
albanais : kajsi  (sq) lituanien : abrikosas  (lt)
allemand : Aprikose  (de) féminin norvégien : aprikos  (no)
allemand d'Autriche : Marille féminin néerlandais : abrikoos  (nl) féminin
anglais : apricot  (en) papiamento : aprikòt  (pap)
arabe : مشمش  (ar) (mishmish) masculin polonais : morela  (pl) féminin
chinois : 杏  (zh) (xìng) portugais : damasco  (pt)
danois : abrikos  (da) roumain : caisă  (ro)
espagnol : albaricoque  (es) russe : абрикос  (ru) (abrikos)
espéranto : abrikoto  (eo) serbe : кајсија  (sr)
frison : abrikoas  (fy) suédois : aprikos  (sv)
grec : βερύκκοκο  (el) (beríkkoko) tchèque : meruňka  (cs)
haïtien : zabriko  (ht) turc : kayısı  (tr)
hongrois : kajszibarack  (hu) vietnamien : trái  (vi)
islandais : apríkósa  (is)

 

Description

C'est un fruit charnu, une drupe , de forme arrondie, possédant un noyau dur contenant une seule grosse graine, ou amande.

La chair est sucrée, juteuse, orangée et ferme — la teneur en carotène ou provitamine A est élevée, c'est elle qui donne la couleur orangée et l'abricot est riche en pectines, qui se gonflent facilement d'eau et qui lui confèrent son côté moelleux.

La peau, dont la couleur peut aller du jaune au rouge, est parfois piquetée de « taches de rousseur » et se mange. La couleur rouge n'est pas gage de maturité et l'abricot ne mûrit plus après sa cueillette.

 

Histoire

Contrairement à ce qu'indique le nom latin de l'espèce (armeniaca), l'abricotier ne vient pas d'Arménie, mais des hautes régions montagneuses du Nord-Est de la Chine — des écrits chinois de -2000 ans évoquent l'abricot sec. Il aurait été domestiqué il y a plus de 4 000 ans par les Tadjiks, ou par un autre peuple ancien de cette région de l'Asie, qui sélectionnèrent des variétés particulièrement riches en sucre.

Un siècle avant notre ère, les légionnaires romains l'introduiront sur tout le pourtour méditerranéen, en Grèce et en Italie. Toutefois, il ne sera introduit en France qu'au XVe siècle mais, soupçonné de donner la fièvre, il est laissé de côté. C'est grâce au jardinier de Louis XIV qui a planté des abricotiers à Versailles, qu'il est finalement apprécié. Sa culture ne s'y établira véritablement qu'au XVIIIème siècle, à peu près à la même époque où les missionnaires espagnols l'implanteront dans le Sud de la Californie, où il sera rapidement adopté.

 

Pour la cuisine

 

Dégustation

Choisissez-le mûr à point pour bénéficier de toutes ses qualités nutritives et gustatives. Plutôt qu'à sa couleur, qui ne reflète guère sa maturité, fiez-vous à son odeur très parfumée et à sa souplesse au toucher. Un abricot cueilli ne mûrit plus.

Conservez-le au frais mais pas au réfrigérateur, qui lui fait perdre sa saveur. Fragile, il devra être rapidement consommé, deux ou trois jours maximum après l'achat. L'abricot supporte en revanche bien la congélation. Préparez-vous alors un hiver ensoleillé en mettant en sachet des oreillons lavés et essuyés.

Consommez-le nature, lorsqu'il est frais, en fruit de table ou en salade. Il accompagne volontiers fromages blancs et crèmes glacées, réduit en purée ou en coulis. Il est aussi très savoureux en tarte (posez alors les oreillons côté peau afin de ne pas détremper la pâte), en crumble, en charlotte ou en mirliton (pâte garnie d'un appareil crémeux et parsemé d'amandes effilées).

Dégustez-le aussi poché, entier, dans un sirop aromatisé. Les oreillons, eux, se prêtent à de jolies cuissons, tout simplement revenus dans un peu de beurre et de sucre, ou enfermés en papillote dans le four. Ils peuvent être relevés d'épices, telle que la vanille, la cannelle, la badiane ou de menthe et de basilic.
La pectine que renferme l'abricot le rend parfait pour la réalisation de compotes et de confitures. Si vous utilisez des fruits trop mûrs, compensez alors le manque d'acidité en ajoutant du jus de citron qui permettra à la confiture de "prendre".
Notre conseil : conservez quelques noyaux, concassez-les et ajoutez-les, glissés dans une mousseline, à l'intérieur du chaudron. Ils parfumeront la confiture d'une subtile odeur d'amandes.

L'abricot peut tout à fait accompagner des plats salés, en particulier les volailles : dinde, chapon mais aussi cailles, se trouvent réveillées par sa saveur légèrement acidulée. Osez également le mariage abricot et fromage de chèvre frais, sous la forme d'une terrine ou en arrosant de coulis le fromage à même l'assiette. Surprenant et délicieux !

Séché, il entre dans la composition d'entremets et de compotes, hivernales et énergétiques, avec des pruneaux et des dattes. Il se glisse dans des farces salées et sucrées, souvent à base de poudre d'amandes. Il accompagne les viandes en ragoûts et les fameux tajines orientaux.

La version au sirop, plus sucrée, ne vaut pas le fruit frais mais parvient toutefois à s'y substituer quand la saison est encore loin. Réduisez alors la quantité de sucre de vos préparations.

Dans certains pays, comme le Pakistan, on consomme également l'amande située dans le noyau de l'abricot.

Dans les variétés commercialisées dans les pays occidentaux, cette amande est consommée en huile (huile d'abricot) et entre dans la composition du persipan en Europe du nord (à la différence du marzipan, dans lequel figurent des amandes) et du fameux biscuit amaretti en Italie.

 

Santé, bienfaits

L'abricot est un fruit très léger, avec un apport calorique très modéré (47 kcal/100 g). Un fruit moyen n'apporte donc que 30 calories, tout en procurant une agréable sensation rafraîchissante grâce à sa légère acidité.

L'abricot est avant tout bien pourvu en provitamine A, comme le prouve sa belle couleur orangée. Deux petits fruits suffisent en effet pour couvrir la moitié des besoins quotidiens en carotène, ce précieux antioxydant qui joue un rôle protecteur contre le cancer. Il fournit également une quantité non négligeable de vitamine C.

L'abricot est aussi l'un des fruits les plus riches en minéraux et oligo-éléments (600 mg/100 g). Il fournit une quantité incroyable de potassium (315 mg/100 g) qui fait de lui le meilleur allié des sportifs. Le potassium a en effet la vertu de favoriser l'élimination des toxines et la récupération. Consommez-le donc sans hésiter après l'effort, frais ou séché.

Enfin, un abricot mûr à point est une excellente source de fibres, de très bonne qualité, puisque la moitié sont des pectines. Ses propriétés douces et régulatrices agissent efficacement sur la paresse intestinale. Enfin, sa légère acidité en fait un fruit très digeste, très bien assimilé par l'organisme, qui convient d'ailleurs parfaitement à l'alimentation des bébés, réduit en purée.

Sachez par ailleurs que l'huile extraite de son noyau est un véritable cocktail d'acides gras essentiels, de vitamines A et E, qui en font un produit de beauté précieux. Nourrissante et hydratante, elle assouplit et revitalise les épidermes secs et sensibles.

En médecine chinoise, l'abricot sec est conseiller pour traiter l'anémie, l'asthme et les sensations de gorge sèche ou de soif.

 

Lien intéressant : TV5 - Merci Professeur !